Mobilité sûre, autonome et connectée

Le véhicule autonome fera-t-il les bons choix ? Comment lui apprendre à gérer les dilemmes dans des situations d’urgence ? Ces questions fondamentales reviennent régulièrement à la une des médias et seront décisives dans l’adoption du véhicule automatisé voire autonome. Afin de garantir la sécurité des usagers de la route, le projet AVEthics avait pour objectif de produire une charte de l’éthique de prise de décision du véhicule autonome qui soit à la fois acceptable par les usagers et techniquement viable. Financé par l’ANR (Agence Nationale de Recherche) dans le cadre de l’appel à projets Jeune Chercheuses/Jeune Chercheuses, les travaux ont été coordonnés par Ebru Dogan, chercheuse en psychologie chez VEDECOM, en collaboration avec l’Université de la Sorbonne.

Commencé dès 2017 et terminé en juin 2021, le projet AVEthics a donné lieu à la soutenance de deux thèses en 2020 et 2021. Il devrait contribuer à améliorer la conception opérationnelle de sécurité d’un véhicule autonome, afin de le rendre acceptable pour tous les usagers de la route.

La mise à la route des véhicules autonomes passe par l’acceptabilité sociale

Les progrès technologiques permettent une automatisation croissante et rapide des véhicules et complexifient l’appréhension des mobilités dans leur ensemble. Une réflexion préalable sur les interactions des véhicules automatisés entre eux et avec les autres usagers de la route se révèle indispensable. Pour permettre le déploiement de ces véhicules autonomes, il est nécessaire de garantir leur acceptabilité sociale, par les conducteurs, piétons et autres. Cette acceptabilité passe par la confiance envers le système automatisé, soit le constructeur du véhicule, mais aussi envers les pouvoirs publics qui réglementent ces technologies (homologation du système, juridiction…). AVEthics s’est attaché à étudier comment réguler les interactions des véhicules en s’assurant qu’ils prennent des décisions justes sur le plan éthique…

NextMove nous a permis d’accéder au bon réseau pour que le projet de recherche soit applicable par les industriels

Ebru DOGAN, Human factors & Ethical issues of automated vehicles
Une éthique du véhicule autonome à définir et à modéliser

Première question posée : quelle éthique convient-il d’appliquer à l’intelligence artificielle d’un véhicule autonome ? Cette question a été traitée par Katherine Evans, encadrée par le professeur Stéphane Chauvier et a permis de proposer un cadre éthique hybride issu de différentes théories et principes moraux, et adaptés aux nouveaux enjeux introduits par la rupture technologique du véhicule autonome.

Deuxième question : quelle modélisation numérique de cette éthique artificielle pour tester les réactions du véhicule autonome dans des situations de dilemmes ? Le sujet a été porté par Nelson de Moura sous l’encadrement du professeur émérite Raja Chatila.

4 ANS

de recherche dans le cadre de deux thèses
L’interdisciplinarité au service de « l’éthique artificielle »

Enfin, le projet AVEthics a cherché à évaluer l’acceptabilité sociale de l’éthique du véhicule autonome. Ce projet interdisciplinaire a rassemblé des experts en philosophie, en intelligence artificielle, en robotique et en psychologie sociale. Les questions philosophiques et éthiques doivent être étudiées de façon rigoureuse, en parallèle des questions robotiques et technologiques. « En effet, il est important que nos recherches puissent être transférables à l’algorithme du véhicule autonome » indique Ebru Dogan. « En philosophie, ajoute-t-elle, on s’appuie sur la stratégie des marges de compromis. Pour la partie robotique, on s’appuie sur les indicateurs objectifs en traduction des stratégies de prise de décision éthique dans les algorithmes du véhicule. En clair, il faut des indicateurs fiables et objectifs pour les algorithmes ». L’acceptabilité a également été incluse dans les travaux des trois chercheurs.

NextMove a soutenu le projet AVEthics dès la première heure et son soutien a permis de remporter le financement de l’ANR. « Il s’agissait pour moi d’un projet de début de carrière, précise Ebru Dogan. Après mon doctorat et mon post-doctorat, je suis heureuse d’avoir pu, en tant que jeune chercheuse, coordonner un projet d’une telle ampleur. Ce projet a permis à VEDECOM de devenir un acteur reconnu sur la question de l’éthique du véhicule autonome. Je vais poursuivre mes recherches sur ce sujet au niveau européen dans le cadre des projets H2020 ».


VEDECOM

MÉTIER
Projet de recherche sur l’acceptabilité du véhicule autonome