7 avril 2026
Cette lettre mensuelle accompagne la diffusion des données du marché automobile dont la PFA assure désormais la publication tous les mois. Elle vise à fournir un éclairage complémentaire aux chiffres fournis, et à diffuser des éléments d’actualité d’intérêt pour les entreprises de la filière automobile pour les aider à anticiper les tendances.
Le 1er trimestre 2026 s’inscrit dans la tendance baissière qui s’est dessinée en 2025. Après avoir atteint deux plus bas historiques en janvier et en février, le marché affiche en mars un rebond de +13% (+8% en données corrigées des jours ouvrables) : cela correspond en réalité à un effet de rattrapage par rapport à un mois de mars 2025 au plus bas (-15% par rapport à mars 2024).
En retrouvant, avec 173.633 unités, le niveau d’immatriculations moyen post-covid, le marché en mars 2026 reste en recul de -23% par rapport au niveau d’avant crise (2019).
Le marché des véhicules utilitaires légers neufs (moins de 5,1 tonnes), avec 35.669 immatriculations, affiche une progression de +11% en mars, soit un recul de -25% par rapport au niveau d’avant crise (2019). Sur l’ensemble du 1er trimestre, le marché des VUL affiche une hausse de +4% sur un an (-27% par rapport au niveau d’avant crise).
Quant au marché des véhicules industriels (VI), avec 3.915 immatriculations, il affiche en mars une progression de +3% sur un an. Cependant, sur l’ensemble du 1er trimestre 2026, le marché du VI est en baisse de -4%.
Les commandes (VP), après une baisse de -10% sur les deux premiers mois de l’année, enregistre une progression de 9,5% (4,5% en données corrigées des jours ouvrables) en mars, soit un recul de -3% sur le 1er trimestre 2026. Les commandes de VUL, après un niveau historiquement bas sur l’année 2025, connaissent un rattrapage au 1er trimestre 2026 (+8%).
Ce niveau d’électrification résulte principalement, au sein d’un marché global très faible, de trois facteurs : une gamme désormais très large associée à une politique commerciale offensive, l’obligation de verdissement des flottes, et un effet leasing social. Si les deux premiers leviers vont continuer à orienter le marché dans les prochains mois, l’impact du leasing social, en revanche, s’estompe.
Dans un contexte de hausse des prix à la pompe, les médias ont pu souligner l’hypothèse d’un report des acheteurs vers le marché du véhicule électrique. Sur le marché du neuf, cet impact potentiel sur les intentionnistes, ne pourra se vérifier que sur la base des commandes de fin avril. Il s’agira, par ailleurs, d’être attentif à l’évolution du marché des véhicules électriques d’occasion.
Le consommateur continue de plébisciter l’hybride, une motorisation (hybride + hybride rechargeable) qui domine désormais plus de la moitié du marché (52%).
Malgré une légère progression de +1,4% en février, le marché des voitures neuves dans l'UE a reculé de -1% depuis le début de l’année 2026.
La part de marché des voitures 100% électriques reste à 19%. Les quatre plus grands marchés de l’UE, qui représentent ensemble 61 % des immatriculations de voitures 100% électriques, ont obtenu des résultats mitigés : la France (+38 %) et l’Allemagne (+26 %) ont enregistré une forte croissance, tandis que la Belgique (-11 %) et les Pays-Bas (-35 %) ont connu des baisses substantielles.
Le consommateur européen continue de plébisciter les motorisations hybrides (hybrides + hybrides rechargeables), qui occupent près de la moitié du marché européen (48%).
Ces analyses du marché automobile en France et en Europe s’inscrivent dans le contexte de très grande volatilité liée aux incertitudes que créent les fortes tensions géopolitiques. Le conflit en Iran, déclenché fin février 2026, suscite une série de perturbations majeures qui pourraient de plus en plus impacter l’industrie automobile.
La fermeture ou la restriction du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial, a immédiatement fait grimper les prix des hydrocarbures. Le Brent a ainsi grimpé de plus de 50 %, atteignant 116 $/baril au 30 mars 2026. Le pétrole a même atteint 118 $ dans certains échanges en Europe fin mars. Outre l’impact sur le prix à la pompe, cela pourrait se traduire par une hausse croissante des coûts de production et de transport en Europe.
Le blocage ou les tensions dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge obligent les compagnies de fret à dériver leurs routes, allongeant les délais et augmentant les coûts logistiques de jusqu'à 40 %. Certaines lignes sont supprimées par des transporteurs de conteneurs avec des risques de blocages de cargaisons critiques (semi-conducteurs, matériaux pour batteries).
Si certains fournisseurs signalent d’ores et déjà des tensions ou inflations en matière d’approvisionnement (aluminium, produits dérivés du pétrole, …), les constructeurs n’ont pas signalé d’impact majeur immédiat à date. La durée du conflit en Iran constituera naturellement la principale clé de lecture des impacts sur le secteur.
Les représentants des différentes filières industrielles, dont la PFA, se sont réunis autour du ministre de l’Industrie Sébastien Martin, le 19 mars, afin d’échanger sur le suivi des impacts de la crise iranienne.
Source : www.pfa-auto.fr