Lettre Marché & Analyses de la filière Automobile & Mobilités PFA - Janvier 2026

Lettre Marché & Analyses de la filière Automobile & Mobilités PFA - Janvier 2026

6 janvier 2026


Cette lettre mensuelle accompagne la diffusion des données du marché automobile dont la PFA assure désormais la publication tous les mois. Elle vise à fournir un éclairage complémentaire aux chiffres fournis, et à diffuser des éléments d’actualité d’intérêt pour les entreprises de la filière automobile pour les aider à anticiper les tendances.


En 2025, un marché français fortement marqué par l’attentisme des consommateurs

En décembre, le marché s’inscrit dans la tendance qui s’est dessinée tout au long de 2025 : avec 172 927 immatriculations, la baisse s’élève sur le mois à -6% par rapport à 2024.

Sur l’ensemble de l’année 2025, avec 1,6 millions d’unités, le marché français des voitures neuves (VP), affiche un recul de -5% par rapport à 2024. C’est un recul de plus d’un quart (-26%) par rapport au niveau d’avant crise (2019).

Après avoir stagné en décembre (+1%), le marché français des véhicules utilitaires légers neufs (moins de 5,1 tonnes), avec 360 505 immatriculations sur douze mois, est en baisse de -6%.

Quant au marché des véhicules industriels (VI), s’il rebondit en décembre (+20%), il est en baisse de -10% sur l’ensemble de l’année 2025, avec 44 121 immatriculations.

Les commandes (VP), après un recul de 3% en décembre, sont en baisse de -2% en cumul sur l’année, soit 1 647 964 commandes.

Les commandes de VUL affichent une hausse de 2% en cumul sur 2025, tout en restant à un niveau historiquement bas.

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La part de marché des véhicules 100% électriques s’élève à 20% sur l’ensemble de l’année 2025

Dans un marché globalement rétréci, le 100% électrique (VE) affiche une part de marché de 24% en décembre, après 26% en novembre, soit 20% depuis le début de l’année. Cela traduit moins une dynamique de marché, que l’effet mécanique cumulé du leasing social et de l’obligation de verdissement des flottes, au sein d’un marché global très faible.

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Les ventes de VE, qui cumulent 327 234 unités, progressent de +12% en 2025. Pour mémoire, fin septembre 2025, au moment de l’annonce du lancement du dispositif de leasing social, les ventes de VE affichaient une baisse de -0,3%.

Par comparaison, en 2024, le dispositif de leasing social avait été lancé au 1er janvier et pris fin le 12 février suivant : sur les six premiers mois de 2024, les ventes de VE affichaient une progression de 15%, avant de dévisser de -18% sur le second semestre.

Les véhicules hybrides (HEV + MHEV + PHEV), dominent en occupant plus de la moitié du marché français (51%).

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Le « paquet automobile » présenté le 16 décembre 2024 par la Commission européenne

Dans le cadre du « Dialogue stratégique » engagé il y a un an à l’initiative de la présidente Ursula von der Leyen, et de l’examen de la clause de révision du règlement à 2035, la Commission a présenté, le 16 décembre dernier, un projet de train de mesures.

Ces propositions traduisent une prise de conscience et constituent une première réponse aux urgences qui sont celles de l’industrie automobile européenne aujourd’hui.

La Commission s’efforce, en particulier, d’introduire une part de liberté de choix au consommateur, et de la liberté technologique et d’innovation aux industriels. Pour autant, très loin de constituer une réponse à la hauteur de la crise des volumes, les mécanismes proposés par la Commission sont en réalité limités et apparaissent insuffisants pour sécuriser la trajectoire d’ici à 2035.

De plus, la filière française est particulièrement préoccupée par l’absence de tout mécanisme de lissage des objectifs CAFE sur 2025-2029 pour les véhicules utilitaires légers (VUL). Il s’agit pourtant d’une urgente priorité de la filière française : le quart de la production européenne de VUL est assuré au sein de quatre usines en France, et les constructeurs français pèsent la moitié du marché européen des VUL. Par ailleurs, l’assouplissement de la cible à 2030 pour les VUL constitue un signal positif, mais la Commission propose de ramener l’objectif de 50 à 40% alors que la filière française juge indispensable de le ramener à -30% en l’appliquant dans le cadre d’un mécanisme de lissage sur 2030–2034.

Au cœur de la position unanime de la filière française : plus de flexibilités, mais aussi plus de souveraineté et plus de compétitivité. La Commission fait un premier pas avec l’introduction d’une notion de préférence européenne. Mais son champ d’application est trop fortement limité (aux seuls petits véhicules électriques), pour avoir une portée industrielle à la hauteur des enjeux de souveraineté, de compétitivité et d’emplois qui sont ceux de l’Union européenne aujourd’hui.

Désormais, nous sommes en attente de l’Industrial Accelerator Act (IAA) que la Commission a annoncé pour fin janvier et qui devra introduire en Europe, après tant d’autres régions du monde, la définition d’un contenu local minimum pour les véhicules vendus en Europe.

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Source : www.pfa-auto.fr