Pièces de rechange issues de l’économie circulaire : quelles opportunités pour votre business ?

25 octobre 2021

La Pièce de rechange Issue de l’Economie Circulaire (PIEC) provient directement de l’extraction de composants en bon état de VHU (centre de véhicule hors d’usage) ou d’une remise en état du composant (remanufacturée) pour lui donner les mêmes caractéristiques que la pièce neuve. Les PIEC devraient poursuivre leur croissance des ventes dans les années à venir.

Un marché en croissance grâce au vieillissement du parc automobile

Le marché adressé par cette typologie de pièces concerne surtout les véhicules de plus de 6 ans correspondant au début de la croissance des dépenses liées à la maintenance des véhicules liée aux pièces d’usure. Avec un coût moindre d’environ 20 à 40% par rapport au neuf, les PIEC sont parfaitement adaptées à la voiture ancienne.

Conjoncturellement, la voiture d’occasion est actuellement très demandée à cause des difficultés de livraison des usines automobiles, liées à des ruptures des chaines d’approvisionnement (électronique / semi-conducteurs …). Le marché du véhicule d’occasion est sous tension.

Structurellement, la croissance attendue du nombre de véhicules de plus de 14 ans sera de 21% dans les 5 prochaines années, et +17% pour les véhicules entre 6 et 14 ans. Quant aux véhicules neufs et récents (<6 ans), leur nombre va se réduire de 8% mais celles-ci comportent beaucoup plus de technologies et de valeurs.

En conséquence, l’âge du parc automobile français augmente régulièrement depuis plusieurs années, et devient donc vieillissant. Il a augmenté de 50% en 30 ans pour atteindre 9.3 ans d’âge moyen en 2020. La longévité des véhicules va continuer à augmenter grâce à l’amélioration de la durabilité des voitures.

Les réglementations et leurs impacts sur le marché des PIEC

Parallèlement, la réglementation CAFE2020 et 2021 (2030) et la norme Euro7 (2025) devraient sonner le glas des voitures neuves à combustion interne (ICE). La multiplication des ZFE-m (Zone à Faibles Emissions métropolitaine) va fortement impacter les véhicules d’occasion à moteur thermique en réduisant leur usage.

Donc, nous aurons un effet ciseau entre un marché d’occasion (véhicules anciens) qui augmente et un marché du véhicule de typologie thermique qui va s’effondrer engendrant l’alimentation de ce marché avec des véhicules électrifiés. Ces véhicules électriques n’alimenteront que peu le marché en PIEC lié aux changements de technologies.

A court terme, cela ouvre une forte opportunité pour les PIEC

Plus de véhicules anciens consommateurs de PIECMoins de pièces mécaniques et électroniques neuves car les équipementiers produisant les pièces de rechange d’origine s’orienteront vers les nouveaux produits en lien avec les motorisations électriques.

A long terme, les entreprises du remanufacturing de pièces devront opérer une transition pour les pièces de rechange mécanique à cause de l’électrification du parc automobile. Bien entendu, le marché des vitrages, optiques, garnissages intérieurs, sièges, pièces de carrosserie ne verront pas de changements majeurs. Il s’agira d’un changement majeur pour les pièces mécaniques (hors liaison au sol) et électronique avec l’acquisition de nouvelles compétences et de nouveaux process : une opportunité et un risque avec de nouveaux entrants.

Le véhicule électrique, un risque et une opportunité

Un véhicule électrique possède une valeur de 10k€ plus élevé que le même modèle en équivalent thermique. Néanmoins, un moteur électrique est beaucoup plus simple qu’un moteur thermique. Le moteur électrique n’a que 140 pièces, y compris le réducteur, alors qu’un moteur Diesel à 470 pièces dont sa boite de vitesse. Le rotor et le stator des moteurs électriques sont des pièces récupérables et remanufacturables, ainsi que le réducteur, mais l’embrayage, le système d’injection, le réservoir, la pompe à eau, les filtres, le radiateur, le démarreur, l’alternateur … vont disparaitre.

Aujourd’hui 75% de la valeur d’un véhicule électrique vient d’Asie principalement à cause de la batterie et de l’électronique. L’électronique qui représente 30% du coût des véhicules électriques sera le principale potentiel de source de valeur pour les PIEC, avec le système de charge, l’ondulateur de traction, le convertisseur DC/DC, et le système de gestion de la batterie. 45% de la valeur du véhicule électrique se situent dans 3 sous-ensembles : électronique de puissance, batterie et propulsion électrique. Les compétences d’électronique de puissance pour la réparation et de test seront nécessaires pour maîtriser ces produits. Le marché PIEC verra arriver de nouveaux entrants spécialistes du SAV électronique, et nécessitera une évolution des acteurs actuels de la mécanique afin qu’ils puissent survivre à cette mutation.

Vincent Civita