Réindustrialisation : Choose France met les projecteurs sur les investissements nationaux

Réindustrialisation : Choose France met les projecteurs sur les investissements nationaux

27 novembre 2025

Alors que Choose France était depuis 2018 la vitrine internationale de l'attractivité française, l'édition de ce mois de novembre opère un virage inédit : pour la première fois, seules les entreprises françaises seront à l'honneur. Une manière pour l'État de consolider la réindustrialisation du pays et affirmer sa volonté de développer sa souveraineté économique et industrielle.

Et si l’avenir de l’attractivité française passait désormais par celles et ceux qui ont déjà choisi la France ? C’est le pari assumé du prochain sommet Choose France profondément remanié. Rebaptisée « Choose France – Édition France », cette rencontre rompt avec la vocation initiale du rendez-vous lancé par Emmanuel Macron en 2018 et largement tourné vers les investisseurs internationaux. Cette formule place pour la première fois les entreprises françaises au cœur de l’événement, puisque la scène est réservée aux start-ups, PME, ETI et grands groupes français qui ont fait le choix d’investir sur le territoire.

Cette réorientation marque une inflexion stratégique. Cette édition de novembre ne cherche plus seulement à attirer des capitaux étrangers, mais à mettre en lumière les réussites nationales et les décisions d’investissement prises par des entreprises déjà ancrées en France. L’accent est notamment mis sur les créations ou extensions de sites industriels, les investissements fléchés vers les entreprises françaises et les contrats ou accords structurants avec des partenaires locaux. En clair, les annonces ne se joueront plus à l’international, mais dans le tissu économique national, là où l’État souhaite amplifier l’impact concret de son effort de réindustrialisation.

Cet événement s’inscrit dans un calendrier très chargé, puisqu’il est organisé à la suite de la 5e édition de la Grande Exposition du Fabriqué en France et en ouverture de la 14e Semaine de l’industrie, et s’ajoute donc à un mois de novembre totalement consacré à la valorisation du savoir-faire productif français. Ce positionnement tranche avec les éditions précédentes, dont celle de mai 2025, qui avait mis en avant plus de 40 milliards d’euros d’investissements étrangers répartis sur 53 projets. Ici, l’objectif est tout autre : célébrer les entreprises françaises qui, loin des projecteurs internationaux, contribuent chaque jour à l’attractivité du pays.

Mobiliser les forces industrielles et innovantes de la France

Derrière ce choix, l’exécutif assume son ambition de développer sa souveraineté économique et industrielle. Selon les communiqués officiels, ce rendez-vous vise à valoriser celles et ceux qui « choisissent d’investir en France », dans une logique d’ancrage productif durable. Ce recentrage s’inscrit directement dans la continuité des politiques de réindustrialisation et de relocalisation menées depuis plusieurs années, appuyées notamment par le plan France 2030. En réunissant l’État, les financeurs français et l’ensemble des acteurs économiques nationaux, le sommet entend illustrer la volonté de bâtir une autonomie stratégique fondée sur la mobilisation des forces industrielles et innovantes du pays.

Pour l’exécutif, le message est également politique. En mettant les entreprises françaises au centre du récit, il s’agit de montrer que l’attractivité ne se joue pas seulement dans la compétition mondiale pour capter l’investissement, mais aussi dans la capacité à soutenir et à consolider ses propres champions. Près de 200 PME, ETI et grands groupes seront ainsi appelés à témoigner, tandis que des dispositifs publics en faveur de l’export, du financement et de l’innovation seront présentés en détail pour démontrer que l’accompagnement de l’État ne relève pas seulement du discours, mais d’une stratégie opérationnelle.

Ce basculement s’inscrit enfin dans une volonté affichée de transformer les promesses en actes. Après plusieurs éditions marquées par des annonces spectaculaires, l’exécutif souhaite désormais mieux suivre la concrétisation des projets, leur déploiement territorial et leur impact sur l’emploi. Choose France – Édition France entend ainsi valoriser ce qui existe déjà, ce qui fonctionne, ce qui produit et ce qui crée de la valeur sur le sol national. Reste désormais à savoir si cette édition inédite parviendra à convertir l’élan symbolique en dynamique durable.